Le retour du trafic aérien à son niveau pré-covid, l’introduction d’avions de nouvelle génération plus économes en carburant et plus silencieux, et les problèmes de supply chain touchant l’ensemble des compagnies aériennes entraînent depuis plusieurs mois une forte croissance du secteur de la maintenance aéronautique. Le secteur doit à la fois s’adapter aux dernières technologies et se doter des moyens humains pour répondre au besoin d’entretien d’appareils. Air France Industries, comme les autres acteurs du secteur, est portée par ces tendances. En forte croissance, la division technique d’Air France est également amenée à augmenter ses effectifs dans tous les domaines de son activité, notamment dans les profils de mécaniciens mais pas uniquement, alors que le secteur de l’emploi est en tension.
AFI KLM E&M (la division maintenance du Groupe Air France-KLM) compte actuellement 13 000 salariés, dont 8 000 en France – chez Air France Industries (AFI) et CRMA. En 2024, AFI avait évalué ses besoins en recrutement à entre 450 et 500 personnes, dont 150 profils cadres. Bénéficiant toujours d’une belle attractivité, elle devrait conclure l’année avec 460 nouveaux CDI, un nombre qui sera enrichi des mobilités internes. Géry Mortreux, directeur général adjoint Maintenance Air France, précise que la moitié des recrutements vise à remplacer des personnes partant en retraite, et que la seconde moitié alimentera la croissance de l’activité, qui est en train de dépasser son niveau pré-covid en volume et devrait générer cette année un chiffre d’affaires d’environ 3 milliards d’euros.
Les postes proposés sont très variés, dans une vingtaine de métiers, et s’adressent à tous les niveaux d’étude, du CAP au bac +5.
Un besoin élevé de mécaniciens et techniciens
Sur les quelque 350 postes non-cadres proposés cette année, 80 % concernent des mécaniciens et techniciens – les 20 % restants ont trait à la logistique, autre secteur qui concentre les efforts d’AFI. « Nous recherchons tous types de mécaniciens et techniciens de maintenance aéronautique : mécaniciens avion, mécaniciens moteur, mécaniciens équipements, mécaniciens structure… », énumère Géry Mortreux. Il précise qu’une attention particulière est portée à certains domaines, comme « les compétences autour des matériaux composites » mais aussi les « profils de type électrotechnicien, électricien » et des « spécialistes tels que des soudeurs, des usineurs, des techniciens pour les outillages » etc.
« La difficulté que nous rencontrons aujourd’hui, c’est que cette croissance touche l’industrie au sens large et les besoins sont très importants. Toute l’industrie est sous capacitaire et recrute beaucoup », constate Géry Mortreux. Il décèle toutefois un point très positif : « Il y a encore beaucoup d’attractivité pour ces métiers. Les gens sont toujours intéressés par les sujets techniques mais veulent que les activités soient responsables. Nous mettons donc beaucoup en avant les ambitions de décarbonation du groupe Air France. »
« Nous avons un autre atout : à chaque niveau, nous sommes capables de proposer des parcours professionnels, de faire évoluer les personnes. »
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Intervention sur un moteur LEAP de Safran. Image © Air France Industries
Un indispensable élargissement du sourcing
Mais pour cela, il faut trouver des candidats. AFI a longtemps misé sur l’alternance pour satisfaire une partie de ses besoins de mécaniciens et va encore accueillir 360 alternants en 2025. Cependant, sur les quelque 350 non-cadres intégrés cette année, près de 280 ont été recrutés en externe et une soixantaine par le système de l’alternance. « L’une des difficultés que nous rencontrons aujourd’hui, c’est que nous intégrons beaucoup d’alternants en apprentissage mais nombre d’entre eux décident de poursuivre leurs études quand ils arrivent au terme de leur bac pro. Nous fournissons donc un effort intense de formation mais nous n’arrivons pas à recruter ensuite. Nous avons décidé de continuer à faire beaucoup pour l’apprentissage mais nos réflexions nous amènent à élargir nos capacités d’accueil des équipes car, seul, il ne suffit pas à répondre à nos besoins », explique Géry Mortreux. « Nous affinons donc notre stratégie de sourcing. »
Dans certains types de métiers, comme les ajusteurs ou les soudeurs, les écoles ne fournissent pas suffisamment de profils. AFI se tourne donc vers d’autres industries, notamment l’industrie automobile, qui requiert les mêmes qualités de dextérité, d’habileté. « Nous pouvons proposer aux mécaniciens de ces industries de passer un certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM) après une formation en interne, qui leur permet d’intervenir sur des moteurs ou des équipements avion. »
AFI travaille également avec France Travail sur la nouvelle méthode de recrutement par simulation. Il s’agit de proposer à des candidats des ateliers permettant aux recruteurs d’apprécier leur dextérité sur des gestes mécaniques. A l’issue de ces ateliers, les recruteurs s’intéresseront à l’expérience professionnelle des candidats qui ont les qualités requises pour déterminer s’ils peuvent être recrutés en atelier ou s’il faut leur proposer un CQPM. La durée de formation dépend ensuite du niveau d’expérience du candidat et du domaine dans lequel il va travailler – elle sera plus longue pour un mécanicien avion que pour un mécanicien équipements par exemple.
« Ce sont des concepts que nous avions commencé à tester en 2023 mais nous avons vraiment pris le virage de la diversification accrue du sourcing en 2024 », précise Géry Mortreux.
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Entretien de toboggans à Orly. Image © Air France Industries
Une nouveauté sera également introduite en 2025 : les écoles des métiers. Elles sont destinées à accompagner les nouveaux entrant chez AFI, qui ont une expérience professionnelle ou aéronautique réduite. « Nous avons créé trois écoles : l’école des moteurs, l’école des équipements et l’école de l’avion. Ce sont des moyens internes », annonce Géry Mortreux, qui précise que ces écoles se trouvent au coeur des installations d’AFI. Jusqu’à présent, un maître d’apprentissage était accompagné d’un apprenti lors de sa vacation de maintenance : il devait alors à la fois réaliser ses tâches d’entretien sur avion et s’occuper de son apprenti pour l’accompagner, développer ses compétences, etc. « Compte tenu du volume important d’apprentis que nous recevons, ce n’est plus le meilleur moyen pour former. Nous préférons leur dispenser une formation spécialisée pendant quelques mois, dans laquelle ils apprennent les gestes de base et l’environnement, avant d’intervenir sur avion, moteur ou équipement. »
« Cette année, nous testons ces nouvelles dispositions. Par exemple, sur les 350 apprentis qui ont été intégrés en septembre, une cinquantaine est entrée à l’école de l’avion pour six mois et ne sera pas diluée dans les équipes de production. Une trentaine est à l’école des moteurs. »
Air France Industries également ouverte aux profils non techniques
AFI tient rappelle également que ses métiers ne sont pas tous techniques et qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être mécanicien pour intégrer les équipes. D’autres profils sont essentiels à l’entreprise, notamment dans le secteur de la logistique. « Nous avons besoin d’une chaîne logistique efficace, puissante et très professionnelle, donc de profils très différents des mécaniciens et techniciens : des personnes qui gèrent les stocks, commandent les pièces, s’occupent du magasinage… Nous recrutons beaucoup pour que les flux soient solides, parce que la chaîne d’approvisionnement est un secteur-clé. Nous envisageons aussi une école de la logistique pour apprendre aux nouvelles recrues quelles sont les contraintes économiques et réglementaires qui s’appliquent. »
Un autre type différent de profil est recherché, cette fois davantage dans les bureaux techniques : des personnes capables d’écrire les procédures, de faire de la méthode pour les opérations, d’écrire les prescriptions d’entretien pour les moteurs, équipements, et l’avion lui-même, en se basant sur la documentation des constructeurs.
Air France Industries souligne donc qu’il n’est pas indispensable d’être issu de la filière aéronautique pour intégrer ses équipes. Si la recherche de mécaniciens expérimentés est pour elle particulièrement importante, elle n’exclut pas les talents d’autres secteurs industriels, qui peuvent être rapidement opérationnels et apporter une nouvelle richesse à l’activité en élargissant ses horizons, tout comme elle est prête à former les plus jeunes. Et les opérations de maintenance pure ne pourraient fonctionner de façon optimale sans le soutien d’autres métiers variés, qui oeuvrent en coulisses pour orchestrer toute l’activité.
Toutes les opportunités d’intégrer d’Air France Industries peuvent être retrouvées ici.
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Air France Industries développe rapidement ses capacités sur les appareils de dernière génération, Air France et ses clients extérieurs en intégrant de plus en plus. Ici, la cérémonie de réception du premier Airbus A220-300 d’Air France à Roissy. Image © Air France Industries